Interdits presque partout dans le monde, les combats de chevaux perdurent pourtant en Asie, dans le sud des Philippines, en Indonésie, en Corée du Sud ou encore, comme ici, près de Rongshui, dans un région reculée de la Chine.
Les étalons, parfois jusqu'à une cinquantaine, sont attachés en cercle autour d'une jument en chaleur. On lui a injecté des hormones afin de maintenir ses chaleurs le plus longtemps possible. Frustrés, poussés par leurs pulsions sexuelles, les étalons deviennent fous. Libérés, ils se jettent les uns sur les autres dans une lutte pour les faveurs de la femelle.
Les organisateurs, n'hésitent pas à tirer des coups de feu et à fouetter les combattants pour les maintenir dans un état de tension.
Entaillés, mordus, les mâles s'effondrent finalemenet un à un ou abandonnent le combat, étourdis de fatigue. Il faut de dix minutes à plus d'une demi-heure pour que cette barbarie s'achève, faute de combattants.
Le dernier étalon debout est déclaré vainqueur.
Les morts sont rares, mais les rescapés sont remis en lice pour un nouveau round. Parfois, les chevaux s'affrontent en duel dans une sorte de championnat barbare. Les vainqueurs sont opposés les uns aux autres jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un. Son propriétaire peut alors afficher sa fierté de posséder un tel étalon.
Mais malheur aux chevaux qui se montrent couards, faibles ou sortent sévèrement blessés d'un combat. Les soins coûtant trop chers, ils seront sacrifiés et donnés en pâture aux étalons les plus forts. Ils finiront piétinés à mort. Leur viande cuite au barbecue sera revendue aux spectateurs durant le festival.
Le sort de la jument n'est guère plus enviable. Souvent blessée par des coups perdus, elle est donnée en récompense au vainqueur de chaque rencontre et peut être saillie plusieurs dizaines de fois par fête.
Que ce soit en Chine ou aux Philippines, les autorités ferment les yeux sur ces pratiques, s'abritant derrière une tradition vieille d'un demi-millénaire. Organisés en festivals ou de grandes fêtes locales, les combats attirent des milliers de curieux, dont des enfants, et font le bonheur des parieurs. Aux Philippines, certains combats sont retransmis à la télé et sponsorisés par des marques locales. Ces festivals apparaissent même dans des itinéraires touristiques conseillés par des guides du sud de la Chine.
Alertées, les associations internationales de défense des animaux tentent d'interdire cette sauvagerie. Parmi elles : Péta (People for the ethical treatment of animals) ou The International Found for horses. Quant à Network for animals, elle réfléchit à installer des cliniques pour chevaux aux Philippines et encourage les touristes à éviter le sud du pays où se concentrent les combats.
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